Affaire Tariq Ramadan (bis) : Entre Orientalisme universitaire et islamophobie savante

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Derrière les apparences de ce qui n’aurait dû être qu’une banale affaire de mœurs privée mettant en scène une personnalité publique, telle que les médias en font souvent l’écho, l’Affaire Tariq Ramadan est extraordinaire dans ses proportions, et inédite dans ce qu’elle peut nous révéler.

Il est évident que nous connaissons pertinemment la cause de ce traitement médiatique spécial et judiciaire particulier, unique dans ce pays. Le ”traitement de faveur” dont jouissent les arabo-musulmans montre évidemment leur statut très privilégié dans ces cas-là.

Ce qui est inouï est la durée d’incarcération pour un homme qui s’était rendu libre à une simple convocation pour une confrontation contradictoire. Et l’on nous dit froidement que si Tariq Ramadan est encore détenu, c’est parce qu’il possède un puissant réseau d’influence capable de nuire à ses victimes et d’exercer des pressions sur les partis en présence.

Motif extraordinaire encore une fois, qui montre comment une entreprise d’intoxication et complotiste issue des milieux islamophobes peut finalement se révéler être un argument totalement valable pour la justice !

Le puissant lobby des musulmans qui complote ? Une sacrée inversion accusatoire. Ou bien alors, accuse-t-on certaines proies faciles et détestées par tous (TR), de ce que l’on voudrait dire pour d’autres accusés puissants et craints ? Car en effet, il y a de ”vrais lobbys communautaires” qui n’existent officiellement pas et dont on n’a pas le droit de parler, et il y a des faux lobbys que l’on fait médiatiquement exister pour y déverser la haine publique.

Cela doit donc nous rappeler qu’avec eux, il y a aussi les mauvaises théories du complot, celles combattues par le système politico-médiatique, qui mettent en cause certains et les bonnes théories du complot entretenues par ce même système contre d’autres.

Triste réalité, mise à part des réactions sur Facebook ou Youtube et une cagnotte (modeste au vue de la notoriété de l’accusé), on remarque de manière dubitative que l’immense popularité de Tariq Ramadan se révèle être un véritable tigre de papier, un nain de jardin, que l’on croyait tous être un puissant géant. 

Ce qui en dit long sur l’état de délabrement, d’impuissance et de faiblesse totale de la dite communauté musulmane en France : divisée, insouciante, incapable d’avoir un esprit de corps… Elle qui a l’air d’être devenue complètement handicapée au sens propre du terme : incapacité mentale et/ou physique à agir… Cela aussi est une grande leçon à tirer de cette affaire.

Car Imam-youtubeur ou conférenciers vedettes, le tout aux millions de vues, aux centaines de milliers de likes, nous en revenons toujours à la dure réalité de la vie ici-bas: tout est virtuel, rien n’a de poids le jour de l’épreuve dans cette dounya. Mais encore faut-il avoir matière à être éprouvé – ce qui était quand même le cas de Tariq aux puissants ennemis.

En effet, depuis un certain temps, il faut dire qu’il n’y a plus beaucoup de prétendants en France pour jouer les incorruptibles de l’Islam. Les rappels à la plage sous le soleil, les cours de ”fiqh des vacanciers” en répondant aux questions ”Est-ce que je peux faire ma salat en mer sur une planche de surf ?” vont devenir la règle, un dhikr fashion, c’est tellement plus tendance et cela ne fait pas de ”vagues” (enfin, sauf celle de l’océan Indien bien sûr..)

La ”superstar” Tariq Ramadan qui a dû sûrement être lui-même grisé par son propre succès depuis deux décennies, doit méditer profondément sur ce point, et méditer sur la réalité de ces fausses lumières, de ces millions de fans dont le poids n’est même pas capable de faire trembler un hashtag sur twitter. Aujourd’hui seul dans sa cellule, on demande à Allah que ses méditations lui soient bénéfiques, en sachant que toute épreuve est purificatrice.

Ce point-là est aussi une grande leçon à tirer de cette affaire, pour tous ceux qui sont sur le devant de la scène communautaire et musulmane en France.

Ceci dit; ce ne sont pas ces différents points triviaux qui nous intéressent, mais bien la dernière polémique sur les diplômes universitaires de Tariq Ramadan. On sait depuis les travaux de Bourdieu que l’école est un instrument de reproduction sociale qui transmettait des rapports sociaux déjà existants et perpétuait les relations entre dominés et dominants.

Les codes et valeurs transmises sont d’ailleurs celles des classes dominantes, considérées comme légitimes et favorisées par leur propre capital intellectuel, elles sont donc naturellement favorisées et facilités à réussir. L’école est un instrument de domination au service de la hiérarchie sociale.

Pourtant, il n’y a là aucun déterminisme social dans l’absolu : des individualités initialement moins dotées et faisant partie des classes dites dominées pouvaient parfaitement réussir à s’extirper de cette configuration, en fournissant il est vrai des efforts globalement plus importants que leurs semblables.

Si la reproduction sociale de l’école est devenue un lieu commun, c’est que les études empiriques restent encore incontestables. Il y a encore reproduction des classes sociales… Et le système scolaire n’arrive pas à changer ce fait. Or il y a un domaine où une sorte de reproduction est quasi absolue, où elle existe sous une forme différente : c’est celui de l’Université, précisément celui de la recherche doctorale.

Nous en avons déjà souvent parlé : l’accès aux hautes études, thèses, doctorats, post-doctorat, est quasiment de type ”sectaire”. Cela suppose des mécanismes de sélection, de soumission, de rapport hiérarchique, un système quasi féodal où il faudrait plus parler d’hérédité de la pensée ou de la recherche scientifique que de simple reproduction. Ce n’est bien entendu pas ici tant les individus et leurs origines sociales qui sont visées (quoique…), mais surtout la reproduction de la Recherche et des Études.

Concernant l’Université : nous donc sommes en face d’une institution absolument différente en presque tout point à l’institution scolaire. L’Université est non seulement le lieu de diffusion du savoir académique (quasi synonyme d’officiel), mais c’est aussi et surtout le lieu du Savoir comme Pouvoir, et le lieu où le Pouvoir élabore son Savoir. L’affaire concernant les diplômes universitaires de Tarik Ramadan révèle deux choses :

  • La recherche doctorale est un système de reproduction de la Pensée Savante
  • L’islamologie universitaire reprend très souvent les plus bas clichés de l’opinion orientaliste.

On sait que traditionnellement en France, le mâle arabe a toujours été une cible historique du système politico-médiatique, policier, judiciaire et intellectuel. Aujourd’hui c’est plutôt l’arabo-musulman. L’affaire Tariq Ramadan ressuscite donc l’imagerie coloniale insultante et dégradante du XIXème : celui des arabes remplis de vices et assimilés à la débauche sexuelle.

Les caricatures immondes de Charlie Hebdo ou de riposte laïque sur Tariq Ramadan n’ont rien inventé, cette haine raciale n’a jamais disparu : grâce à l’anti-islamisme, on peut la reprendre à la virgule près, juste après une petite mise à jour de tartuffe hypocrite. Il y a un plaisir jouissif de la part des journalistes et des médias occidentaux à écrire et décrire les travers des musulmans dans des affaires liées à la sexualité et à la femme.

Alors que l’Africain est assimilé à la force brute, au désir animal, un niais sauvage qu’il faut domestiquer, on retrouve dans la description des journalistes français de TR tout l’attirail de la description de l’arabo-musulman d’antan : malhonnête, hypocrite, fourbe, toujours prêt à trahir par un stratagème vicieux. Cela tel qu’Edward Saïd le démontrait dans son célèbre ouvrage :

Il apparaît sous la forme d’un dégénéré hyper-sexué, assez intelligent, il est vrai, pour tramer des intrigues tortueuses, mais essentiellement sadique, traître, bas […] derrière toutes ces images se cache la menace du Jihâd. Conséquence : la crainte que les musulmans (ou les Arabes) ne s’emparent du monde.

Écrit en 1978, on croirait relire le portrait français d’un Tariq lubrique, islamo-comploteur, théoricien islamiste du grand remplacement en douceur pour imposer son terrible Islam…La nouveauté c’est la caution universitaire qui vient reformuler le constat de Edward Saïd de manière insidieuse avec une caution scientifique masquant son islamophobie orientaliste.

Elle transforme un cas basique de haine et d’hostilité culturelle, en un instrument politique efficace et qui refroidira, voire détournera, les plus zélés parmi les étudiants musulmans, ceux qui viendront oser venir se frotter à cette caste d’intellectuels universitaires prétentieux. Ce sont les articles de Ian Hamel[1] qui ont mis le feu aux poudres, et selon lui TR n’aurait pas eu les compétences pour présenter une thèse… En d’autres termes :

Les musulmans sont comme ça, voyez-vous, ils sont obnubilés par leur dogme religieux…Ils ne peuvent pas avoir l’esprit scientifique. D’ailleurs Science et Islam ça rime pas…Science et arabe pire…Ils sont culturellement limités par ce déterminisme ethnico-culturel, cela les empêche par « essence » de penser rationnellement et donc, de présenter une thèse de doctorat.

Le mépris et la condescendance issus de l’esprit des élites dominatrices nous rétorqueront sûrement que cela est faux. Qu’il existe des “…maghrébins, arabes, musulmans et africains, qui font des thèses de doctorat sans aucun problème…Arrêtez de crier au racisme et à l’islamophobie…Rachid, Karima, Amadou…bicos et chocolats tous sont là pour témoigner contre vos accusations victimaires…

Mais justement, c’est qu’il faut auparavant saisir l’enjeu à sa bonne mesure. Nous ne parlons pas de toutes les thèses et de toute la recherche doctorale, mais principalement de celles en Science Humaines et Sociales (SSH).

Celles concernant les sciences dures n’entrent pas dans notre problématique dues justement à leurs caractéristiques : les considérations idéologiques, politiques culturelles et sociales entrent beaucoup moins en jeu dans des sciences dures comme la physique ou les mathématiques.

Concernant les sciences humaines : les choses sont éminemment plus délicates, car l’idéologie, la philosophie, les croyances, les codes et valeurs, le jugement, l’éthique, souffrent de biais et de subjectivité propre à l’humain lui-même.

De plus si même en SSH, les maghrébo-africains réussissent à faire des thèses et à avoir leurs doctorats, sans faire de vagues, c’est aussi et surtout que pour une extrême majorité d’entre eux, leurs conclusions ne font pas de vagues et ne remettent rien en cause… Et que ceux qui ont tenté de faire l’inverse, ou émis le souhait de faire l’inverse, n’ont pas fait de vieux os (nous en savons quelque chose).

Ici, concernant les thèses et la recherche en sciences humaines, nous sommes face à un paradoxe de taille : la recherche scientifique se targue de neutralité, d’objectivité, de rigueur, mais le conformisme de la pensée officielle oriente très souvent la recherche vers un idéal-type de thèse.

Autrement dit une thèse sur des sujets extrêmement délicats et ultra-sensibles, sur l’Islam Politique, où ce qui est dénommé islamisme ou salafisme, (etc…) ne saurait déboucher sur une conclusion radicalement différente de ce qu’a déjà posé la DOXA comme pensée unique sur ces thèmes.

En réalité, avant même qu’un prétendant au doctorat, un thésard ne commence sa recherche dite ”scientifique”, l’on sait par avance que ses conclusions ne remettront pas en cause le point de vue officiel du Savoir académique sur ces mouvements et phénomènes.

C’est-à-dire une conclusion plus ou moins négative, qui n’est là que pour sublimer au final le modèle civilisationnel occidental et rabaisser toute tentative extra-occidentale de relativiser ce modèle. La science en réalité, n’est donc qu’un outil politique qui ne doit servir qu’à conforter les croyances et idéologies officielles et non plus les confronter à d’autres approches et points de vue.

On lui accorde des méthodes et principes mais qui ne doivent être utilisés que dans un sens déjà tracé et préétablis. Que dire ensuite, quand l’on sait que TR a réalisé une thèse sur le ”Réformisme islamique et les Frères Musulmans” ?

Ian Hamel récuse doublement la prétention universitaire de TR, cet ersatz de journaliste qui verse dans le sensationnalisme bas-de-gamme, écrit un passage révélateur de plusieurs éléments :

[TR] explique, sans rire, que les Frères musulmans, qui considèrent « tout contact mixte en tête-à-tête comme un crime susceptible d’être sanctionné », ont bien apporté un réel renouveau à la pensée islamique… 

  1. Lui simple ”journaliste” ose émettre un jugement sur le contenu de la thèse.
  2. Il renvoie TR au rang d’amateur, voire de « guignol ».
  3. Il expose son point de vue d’occidental laïc déchristianisé concernant la mixité.
  4. Il semble définir par opposition ce que doit être un renouveau de la pensée islamique.

L’ethnocentrisme occidental pathologique est ici total, une sorte de paternalisme condescendant, qui s’érige en juge, censeur, universitaire, spécialiste de l’Islam…On voit donc (comme l’indiquait Edward Saïd en… 1978) que l’attitude générale à l’égard de « l’Orient islamique » (et ici, quel « cas d’école » !) montre comment une perspective savante peut encourager les caricatures que propage la culture populaire.

Les musulmans ne sont pas capables de se comprendre et de s’analyser eux-mêmes (la thèse concerne quand même le réformisme islamique et le mouvement des Frères Musulmans qui est, à plus d’un titre, légitimement digne d’études pour un étudiant musulman, a fortiori quand il s’agit d’un Égyptien et du petit-fils du fondateur du mouvement.)

Certains musulmans tellement écrasés par la machinerie de la propagande intellectuelle occidentale penseront sûrement : « Oui mais TR n’est peut-être pas objectif, en tant que petit-fils du fondateur des FM… »

Pourtant ce musulman, bizarrement, il ne lui viendra jamais (ou peu) à l’esprit de dire :  ”Oui mais les universitaires occidentaux ne seront peut-être pas objectifs, naturellement hostiles à l’islam politique...”

Il est là le grand paradoxe : la science est vue objective dans une perspective unique selon son initiateur et selon ses conclusions, or elle est vue comme subjective et non scientifique si l’acteur et les conclusions changent…Ian Hamel poursuit en insinuant finalement que TR aurait eu ses diplômes après avoir menacé son directeur de thèse le dénommé Charles Genequand[2] qui a démissionné de son jury.

Le summum de l’insulte haineuse : si un arabe, musulman de surcroît a eu ses diplômes c’est bien entendu en usant de ce qu’il sait particulièrement bien faire vues ses origines et sa culture : violence, menaces, pressions, fourberies…

D’ailleurs, il est bien connu que nos Zones Urbaines Sensibles (ZUS), et nos Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP) regorgent de racailles Bac+ 5, de caïds braqueurs thésards, et de trafiquants de cannabis aux multiples doctorats, qui ont tous utilisé leurs savoir-faire de la rue pour percer à la Fac…

Charles Genequand, pauvre victime martyr de l’attentat à la thèse piégée d’un islamiste…Heureusement que nous avons des hommes courageux tels que Genequand ou Kepel, versés dans l’orientalisme, sinon le Moyen-Orient serait négligé, on n’y comprendrait plus rien, surtout pas les explications d’un arabo-musulman ! L’occidental scientifique est le seul à être objectif, avec un rôle de médiateur et d’interprète, sinon l’Orient, l’islam, rien ne serait compris :

En partie parce que le peu qu’il y a à comprendre est très spécial et en partie parce que seul l’orientaliste peut interpréter l’Orient, puisque l’Orient est radicalement incapable de s’interpréter soi-même. (Edward Saïd p. 482)

Ce qu’il faut donc comprendre ici est que TR n’a par essence jamais été un intellectuel, d’ailleurs ses « pairs » le désavouent, il n’a jamais été universitaire, ni penseur, ni rien. Il est renfermé dans sa croyance, impossible de penser rationnellement. C’est ainsi qu’il faut relire les propos de Gilles Kepel :

Tariq Ramadan est un produit de consommation jetable (…) Ce n’est pas un universitaire, je ne le considère absolument pas comme un collègue

Par contre être un universitaire, scientifique, objectif, militant de causes politiquement et idéologiquement occidentales n’est pas une tare, car l’Occident (et la France en particulier), ses valeurs et ses codes et ses croyances sont celles de l’Universalité, de l’Humanité…

Prétendre être un universitaire islamologue en remettant en cause ou en relativisant ce point, c’est être un charlatan, un idéologue aux idéologies nauséabondes, pire si l’on est arabo-musulman, « là il ne faut pas se moquer du monde c’est pousser le bouchon un peu loin… »

Un universitaire islamologue musulman qui a des croyances relativisant les prétentions à l’universalité de l’Occident n’est pas un universitaire scientifique mais devient un dogmatique. Un universitaire islamologue occidental qui a des croyances dénigrant les prétentions politiques de l’Islam est, lui, un universitaire scientifique…

On saura apprécier la douce et formidable objectivité d’un Kepel qui a mené une carrière tout à fait parallèle à celle de TR, devenu le membre éminent du grand clergé de l’inquisition française qui sévit depuis plus d’une décennie.

Kepel, le pur produit du Savoir universitaire néo-orientaliste français, ultra politisé concernant l’Islam, militant laïcard issu originellement du PS et très proche de Fourest, dont tous les Pouvoirs (Gauche comme Droite) se nourrissent de son expertise savante pour construire de nouvelles politiques publiques contre la minorité musulmane française.

Il y a donc une subjectivité qui passe la sienne et celle de ses pairs pour objectives, et il y a une prétention d’objectivité décriée comme subjective, celle des TR et de ceux qui aimeraient apporter scientifiquement un autre son de cloche…

Les arabo-musulmans qui voudraient chercher à apporter une valeur ajoutée dans la recherche doctorale et universitaire doivent méditer sur ce cas d’école, en sciences humaines et sociales, l’indépendance et l’autonomie de la démarche, l’originalité de l’approche et des conclusions ne seront tolérables que si elles confirment l’architecture de la pensée orientalisme d’antan.

Bien entendu il existe toujours des ”natives informant”, ces arabo-musulmans qui savent que pour percer dans ce panier de crabe, doivent devenir des requins, et aller plus loin dans le conformisme de la critique anti-islam, dans la défense des valeurs idéologiques et politiques de l’Occident.

D’ailleurs toute notre démonstration est encore parfaitement confirmée par l’extraordinaire scandale qui secoue l’islamologie française (et francophone): l’affaire de plagiat du pseudo sociologue islamologue Samir Amghar :

C’est une affaire empoisonnante – pour plusieurs institutions françaises et étrangères, scientifiques et administratives. Et empoisonnée vu le sujet – le salafisme. (Dixit)

Elle montre la faillite de l’islamologie française, où comment un chercheur peut être facilement adoubé par le monde universitaire car il présente des thèses que tout le monde veut lire croire et entendre. A tel point que ces thèses plagiées n’ont même pas éveillé de soupçons !

Les borgnes sont rois au royaume des aveugles, on ne veut voir que ce que l’on croit, on accorde une mention honorable avec félicitation du Jury pour un Native Informant (indigène informateur) qui répète ce qui a été déjà écrit.

Comble de l’ironie quand il apparaît que ce Samir Amghrar a aussi plagié….Tariq Ramadan…Le comble du comble serait qu’il l’ait plagié sur cette fameuse thèse dont certains nient le caractère universitaire !

Faillite d’une islamologie qui se reproduit tellement dans la même famille idéologique ayant le même gène ”orientaliste”, qu’elle devient complètement dégénérée et produit des difformités intellectuelles…Une science lucrative, professionnellement pleine d’opportunités, une science au service du pouvoir, des services de renseignements et des ministères de l’Intérieur…Et nous n’osons même pas parler du cas de la ”jihadologie”.

Cette histoire montre et démontre, une fois de plus, comment une sphère intellectuelle occidentale hostile à l’Islam, ici universitaire, peut en quelques mots transformer une science professionnelle et exigeante, presque « innocente » (car elle n’avait pour fonction que la restitution à l’Europe d’une portion de l’humanité au XIXe siècle) en un instrument politique destructeur et plus encore, un code permettant aux Occidentaux d’interpréter à leur profit, et eux-mêmes avec l’idée qu’ils se font de leurs belles « valeurs » et de l’Orient islamique.

Pour une culture se présentant comme libérale, tolérante, ouverte, égalitaire, il se produit là une transformation qui est à l’inverse même des valeurs vantées et prônées : 
l’orientalisme engendre la commutation d’opinions et de jugements, par la « science », en préjugés et en exclusion.

Or tout cela ne vaut que pour un simple TR, dont nous savons bien ce que vaut son enseignement musulman, sa vision islamique, ses rapports à certaines croyances ou modèles issues de l’Occident, et sa relativisation de l’islam…Que dire pour d’autres ?

Ce cas d’école montre que la bataille décisive se fera très clairement sur le terrain des idées et sur notre capacité à démontrer les contradictions même dans les croyances et les prétentions de nos contradicteurs, cela avant même de poser avec certitude les nôtres.

La Négation toujours avant l’affirmation.

 

Aïssam Aït-Yahya


Sources et notes :
[1] Ian Hamel, biographe de TR en 2007, La Vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie. Éditions Favre, 358 pages (préfacé par Vincent Geisser). Journaliste au Point mais qui publie aussi des interviews qu’il n’hésite pas à aller chercher jusqu’en Algérie pour alimenter la polémique autour de TR et de ce qu’il croit sur lui : https://mondafrique.com/livre-explosif-tartufferies-de-tariq-ramadan/
Ce dernier a publié plusieurs articles :
- Tariq Ramadan aurait usurpé ses titres universitaires.
Avant Oxford, Ramadan se présentait comme « professeur de philosophie et d’islamologie à l’université de Fribourg ». Alors qu’il n’était même pas assistant.”
De notre correspondant à Genève, Ian Hamel (Le Point.fr)
- La vérité sur la thèse universitaire de Tariq Ramadan.
” Le prédicateur a bien obtenu un doctorat de lettres en islamologie arabe à l’université de Genève… En menaçant et en criant au racisme.”
De notre correspondant à Genève, Ian Hamel (Le Point.fr)
Voir : http://www.lepoint.fr/societe/la-verite-sur-la-these-universitaire-de-tariq-ramadan-10-03-2018-2201259_23.php
[2] Charles Genequand, professeur de philosophie, spécialiste du monde arabe à l’université de Genève, directeur de thèse de TR, proposée sous le titre « Aux sources du renouveau musulman. D’al-Afghâni à Hassan al-Banna, un siècle de réformisme islamique », publiée en France aux éditions Tawhid en 2002, et quand même pas préfacée par n’importe qui : Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique.
Voir également : https://oumma.com/ian-hamel-tariq-ramadan-na-pas-de-double-discours/


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  1. Issou

    Article très intéressant et vérifiable sur le terrain, surtout concernant le matraquage idéologique dans les facs de sciences humaines. Le plus inquiétant, c’est ces musulmans qui font des études dans ces domaines, et qui se retrouvent complètement formatés, sans le savoir.

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