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Histoire politique de l’islam – Tome 1

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22.00€

Ce livre est une biographie du Prophète de l’Islam, selon un angle de vue politique et stratégique. L’auteur tente de répondre aux questions suivantes : comment l’islam a-t-il pu s’imposer si vite en Arabie ? Quel était le modèle politique que le Prophète a institué ? Quelle fut sa stratégie politique et militaire pour faire triompher sa cause ?

Description du Produit

Ce premier tome de l’ « Histoire politique de l’Islam » revient sur les origines profondes de l’islam et poursuit avec la première partie de la vie de Muhammad, et se termine en l’an 2 de l’Hégire, à la veille de la bataille de Badr.

Au Ve siècle de notre ère, une cité prospère et puissante naissait au cœur de l’Arabie sous l’impulsion du chef qurayshite Qusay ibn Kilâb. La Mecque, Mekka, devient en quelques générations une Cité hégémonique, dotée d’institutions élaborées, tissant un réseau d’alliances avec les tribus d’Arabie et au-delà avec les royaumes et les empires de la région.

C’est au cœur de cette civilisation païenne, mais complexe et raffinée, qu’allait naitre Muhammad (ﷺ), le prophète de l’Islam. Alors qu’à la même époque, le monde européen influencé par les thèses d’Augustin d’Hippone adoptait l’idée que politique et religion représentaient deux forces contraires et inconciliables, l’Islam surgissait et se propageait en Arabie en professant l’idée inverse que le pouvoir politique doit être mis au service de la cause religieuse.

Ce livre se propose de réétudier la vie du Prophète de l’Islam sous cet angle politique, en analysant la stratégie adoptée par Muhammad dans sa lutte contre l’ordre païen, puis en traitant de la fondation de la Cité musulmane à Médine, du modèle politique, mais aussi économique et diplomatique qui y fut instauré par le Prophète (ﷺ) et qui allait servir de référence à toutes les doctrines politiques développées par les auteurs musulmans ultérieurs.

 

Information Complémentaire

Poids 0.75 kg
Auteurs

A. Soleiman Al-Kaabi

Dimensions

148mm x 210mm

pages

640

Date de publication

Septembre 2016

ISBN

978-2-919734-23-8

1 avis pour Histoire politique de l’islam – Tome 1

  1. Ryan
    5 sur 5

    (client confirmé):

    Cette biographie du Prophète, paix et salut sur lui, est une révolution. Contrairement à la plupart des biographies, elle ne se concentre pas sur les aspects purement factuels ou miraculeux. Mais elle insiste sur les aspects stratégiques de la mission prophétique.
    Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’avènement de l’Islam n’est pas une rupture totale avec ce qui l’a précédé, mais un aboutissement.
    Ce livre n’est que le début d’un long projet, l’auteur a l’ambition de réécrire l’intégralité de l’histoire musulmane. Ce premier tome s’arrêtant à la veille de la bataille de Badr.
    On pourrait se dire que c’est la partie la moins intéressante qui est traitée, et c’est ici que ce livre est le plus révolutionnaire. On pense souvent que la période Mecquoise et les premières années à Médine n’ont pas grand-chose à nous apprendre de capital. Or, ces années furent d’une importance capitale sans lesquels les conquêtes futures auraient été impossibles.
    L’auteur, qui a beaucoup étudié la stratégie militaire, pense que toute guerre se déroule en six étapes. C’est une sorte de stratégie universelle.
    1) Ne jamais attaquer le centre adverse s’il dispose d’une périphérie.
    2) Créer un centre concurrent disposant d’un meilleur système politique afin d’y attirer les acteurs neutres.
    3) Acquérir un espace périphérique.
    4) Provoquer le centre adverse pour qu’il fasse l’erreur d’attaquer notre centre.
    5) Conquérir les espaces périphériques de l’adversaire afin de l’isoler.
    6) Vaincre le centre adverse une fois qu’il est totalement isolé.
    Ce premier tome traite des trois premières parties.
    1) Dans un premier temps le prophète, paix et salut sur lui, vivait à Mecca. Il n’a jamais provoqué militairement les Mecquois, les musulmans subissaient les persécutions sans se révolter et appelait à l’Islam pacifiquement afin de ne pas se faire réprimer et tuer le mouvement islamique dans l’oeuf.
    2) Médine n’a pas été choisi au hasard pour la hijra. La hijra fut préparé longtemps à l’avance et le prophète, paix et salut sur lui, a choisi la cité qu’il estimait la plus apte à abriter le message. Parmi les critères de sélection de Médine : elle était indépendante et n’était vassale d’aucune grande puissance. Elle était suffisamment éloignée des empires romains et perses pour risquer une invasion. Le Prophète, paix et salut sur lui, a envoyé un sahabi prêcher pendant un an afin de convertir un maximum de personnes et de “tâter le terrain”. Après un an, 73 médinois sont venus lui prêter allégeance à Mecca lors du serment d’Al Aqaba, ils ont juré de le protéger et d’être prêt à sacrifier leur vie pour lui.
    3) Après la hijra à Médine, le prophète, paix et salut sur lui, a signé des pactes de paix et d’alliances militaires avec les tribus avoisinantes afin d’augmenter l’influence de Médine dans la région.
    L’autre grande théorie du livre traite des vertus. Une civilisation victorieuse est une civilisation qui dispose d’un équilibre des vertus. Un équilibre entre les vertus de fermeture et les vertus d’ouverture.
    Les vertus de fermeture :
    – La combativité.
    – le sentiment de supériorité.
    – la solidarité entre les membres.
    – l’unité.
    Les vertus d’ouverture :
    – La collégialité.
    – Le partage.
    – La tolérance.
    – L’alliance.
    Le monde est ainsi divisé en trois factions.
    – Les factions serviles sont majoritaires. Elles ne disposent d’aucune valeur forte et cherchent à se mettre sous la protection d’une faction protectrice contre les factions prédatrices.
    – Les factions prédatrices disposent de valeurs de fermetures très fortes, mais ces valeurs ne sont pas tempérées par les vertus d’ouverture. Elles agressent les autres factions, ne tolèrent aucune différence et n’associent personne à leur pouvoir. Ces factions peuvent être qualifiées de militariste, c’est-à-dire qu’elles pensent que la force brute résout tous les problèmes.
    – les factions équilibrées combinent les deux types de vertus. Même s’ils sont convaincus d’être supérieurs aux autres et qu’ils sont prêts à mourir pour leur cause, ils sont également tolérants envers les autres, partagent les ressources et associent à leur pouvoir.
    Il nous faut ajouter un élément qui est “la conscience du péril extérieur”. Ces trois factions sont en interaction, de cette interaction nait la puissance politique.La faction équilibrée est toujours gagnante au final, car grâce à ses vertus d’ouvertures elle s’attache le soutien des factions serviles qui ont peur du péril extérieur et repousse les factions prédatrices avec leurs vertus combattives.
    Exemple : La première guerre du Golfe. Saddam Hussein est motivé par son idéologie Baathiste. Il est sûr de ses forces (1ere puissance militaire arabe) et décide d’envahir le Koweït. Ici l’Irak est la faction prédatrice. Les Américains n’ont aucun mal à former une coalition d’une vingtaine de pays pour vaincre l’armée irakienne. Les factions serviles se rangeant sous la bannière équilibrée américaine pour faire face à la menace prédatrice irakienne.
    Pourquoi le prophète, paix et salut sur lui, a créé une faction équilibrée ?
    Vertus de fermeture :
    Les sahabas étaient combattifs, ils étaient prêts à mourir pour la cause d’Allah et de son prophète.
    Les sahabas avaient le conviction d’être supérieurs aux autres : “vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait descendre pour les hommes”.
    Les sahabas étaient solidaires. Lorsque les muhajirun ont émigré à Médine, les Ansar les ont accueillit les bras ouverts, partageant avec eux leurs maisons et leurs ressources.
    Les sahabas étaient unis. L’Islam a mis fin à la haine du riche sur le pauvre et l’esclave. L’Islam a mis fin aux guerres intestines qui polluaient les clans en basant la fraternité sur les liens religieux et non clanique.
    Vertus d’ouverture :
    Le Prophète, paix et salut sur lui, n’était pas un dictateur. Il consultait toujours ses compagnons avant de prendre une décision importante, puis s’en remettait à Allah. De même, les tribus conservaient un rôle dans la société. Chaque tribu nommait un responsable qui était l’interlocuteur privilégié du chef de l’État (ici le prophète).
    L’institution de la zakat instaura officiellement le partage des richesses. L’objectif était de réduire les inégalités entre les riches et les pauvres. De même le système agricole (voir l’article de la Tribune des Pirates du 14/10/2016 sur ce sujet) mis en place. Les possesseurs de terres faisaient travailler des ouvriers volontaires. Les ouvriers recevant la moitié de la récolte et le possesseur des terres l’autre moitié.
    Le système mis en place à Médine était tolérant. L’Islam mit totalement fin au racisme ethnique et clanique. Les clans sont égaux devant Allah, les hommes également. Les autres factions religieuses pouvaient continuer à vivre dans l’État médinois tout en respectant certains principes. Elles pouvaient même avoir leur propre juridiction dans les affaires les concernant exclusivement.
    Le Prophète, paix et salut sur lui, mit en place des alliances et des traités afin d’assurer la sécurité de la cité Médinoise et son influence.
    Il semble impossible de gagner en appliquant la méthode des factions djihadistes, car celles-ci sont vues par le monde entier, y compris par la masse musulmane, comme des factions prédatrices. Toutes les personnes sur le terrain ayant une vision différente des djihadistes vont automatiquement s’allier avec la faction équilibrée (les USA et leurs alliés) à cause de l’intolérance dont ceux-ci font preuve (destruction des mausolées soufis, extermination des minorités chiites et autres).
    Terminons avec une note positive. Pour l’auteur, ceci est en train de changer. La xénophobie ne fait qu’augmenter dans les pays occidentaux. Leurs valeurs d’ouvertures qui ont fait leur force sont en train de disparaître.
    A l’inverse, les groupes djihadistes semblent évoluer. La “gestion de la barbarie” ne fait plus l’unanimité. Des voix s’élèvent et condamnent les attentats stupides visant les civils. On peut espérer dans les prochaines années une évolution du djihadisme avec l’incorporation de valeurs d’ouverture à l’intérieur du mouvement.
    Ceci n’est qu’un TOUT PETIT résumé. Le livre fait 587 pages, mon résumé en fait 3. Je vous conseille très vivement sa lecture.
    PS : Les quiétistes ont-ils raison ?
    On pourrait se dire que les quiétistes ont raison et qu’il faut simplement ce corriger et faire da’wa. Sauf que leur mouvement est HS pour plusieurs raisons. L’auteur en cite deux principales. Le quiétisme est un mouvement formaliste. C’est-à-dire qu’il s’intéresse avant tout à corriger l’aspect extérieur, les rites. Or, l’essentiel de la da’wa du prophète salla Allahu alayhi wa salam à Mecca concernait les valeurs. Les 5 prières obligatoires ne furent institué que peu de temps avant la hijra, la zakat fut instituée à Médine, etc. Ce qu’il faut comprendre est qu’Allah et Son Messager se sont dans un premier temps attachés à changer les valeurs et la manière de penser des sahabas. A créer une communauté de perséverants, des gens remplis d’Amour et de Crainte d’Allah. Le formalisme vide de sens est “inutile” sans cette purification intérieure.
    La deuxième tare du mouvement quiétiste est que c’est un mouvement individualiste. Les quiétistes ne s’occupent pas des problèmes communautaires et n’ont strictement aucune vision stratégique. Pour eux ce qui compte principalement est la modification de l’individu, pas de sa société, ni du monde.
    Voilà pour le petit HS. L’auteur en parle à peine, mais je pense que c’était important de préciser ce point.

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